Accueil » Apple et Google aident à limiter la liberté des femmes saoudiennes

Apple et Google aident à limiter la liberté des femmes saoudiennes

Pour la plupart des gens Apple et Google sont des marques sympas, qui offrent des produits « cool ». Un gros effort de marketing est d’ailleurs investi pour que l’image de ces marques soit perçue ainsi. La réalité est tout autre. La preuve en est encore une fois avec cette application de suivi des femmes saoudiennes. Et ce qui est peut-être tout aussi affligeant, c’est que l’ application en question aurait été téléchargée plus d’un million de fois !

Apple et Google : aucun scrupule pour les femmes saoudiennes

Cela vous étonne peut-être mais en réalité l’éthique n’existe visiblement pas pour la Pomme croquée et Big Brother. C’est en effet sans aucun scrupule que les deux géants du web proposent sur leurs plateformes une application pour le moins discutable. L’application en question se nomme Absher. Le gouvernement saoudien la mise en place. Elle offre aux hommes d’Arabie Saoudite la possibilité de surveiller les femmes saoudiennes. C’est-à-dire de les suivre et de contrôler leurs lieux de passage.

En d’autres termes, cette application empêche les femmes saoudiennes de quitter le pays.

Il faut savoir qu’en Arabie Saoudite, chaque femme a un « tuteur » légal. Un homme qui a le droit d’interdire des déplacements jusqu’aux aéroports et autres routes qu’il détermine. Mais ce contrôle n’était peut-être pas si facile à mettre en place ? Pas suffisamment efficace ?
Et c’est pourquoi Apple et Google ont donc décidé de donner un sérieux coup de main au gouvernement et aux « tuteurs » en proposant cette application sur l’ iTunes Store et Google Play…

Le fait est que d’après les activistes et autres réfugiés, l’application Absher est devenue un facteur majeur de la difficulté persistante pour les femmes saoudiennes de quitter le pays.

Absher : une application de contrôle affligeante

Quand il s’agit de faire reculer les libertés, malheureusement il y a souvent bien du monde qui frappe à la porte. L’application Absher en est encore une triste démonstration.
Mise au point par le gouvernement saoudien, elle rencontre un franc succès. L’application rencontre un franc succès. Elle a en effet déjà été téléchargée plus d’un million de fois via l’iTune Store et Google Play.

Cet application avec un aspect plutôt chaleureux (jolies couleurs, interface agréable, photo d’une famille derrière l’ordinateur avec femme tout sourire, etc.) est en fait « diabolique ». Elle permet au tuteur d’indiquer les endroits où les femmes saoudiennes ont le droit de se rendre. Pendant combien de temps. A quels aéroports elles peuvent accéder.

Des alertes s’enclenchent si jamais une femme saoudienne quitte une zone prédéfinie. A cause de ces alertes, Abhser serait désormais devenue l’une des principales raisons qui empêchent les femmes de fuir l’Arabie Saoudite.

Les autorités ont accès à cette base de données. C’est le gouvernement qui a mis l’application au point. Et comme le passeport doit être renseigné. Il est très facile pour le douanier de vérifier à l’aéroport si les femmes saoudiennes peuvent sortir ou non.

Un grand paradoxe !

Ce qui est d’autant plus paradoxal c’est qu’en Arabie Saoudite cette application s’utilise pour limiter les libertés. En Occident, des applications de suivi elles aussi, servent à sauver des vies. C’est notamment le cas avec Mspy, Hoverwatch ou Flexispy.

Ces logiciels espions permettent en effet de protéger les enfants contre les dangers du web et notamment les cyber-prédateur. Les parents peuvent savoir à tout moment où sont leurs enfants et s’assurer ainsi qu’ils ne risquent rien. De nombreuses autres fonctionnalités sont d’ailleurs proposées.

Des finalités bien différentes donc par rapport à celles de Absher. En effet, comme le dénoncent Human Rights Watch et Amnesty International  ce genre d’application peut faciliter la violation des droits humains et favoriser la discrimination envers les femmes.

Signalons enfin que pour le moment ni Apple, ni Google n’ont fait de commentaire.

Retour haut de page